Foire aux questions

1. Conservation des estampes japonaises

Comment conserver et encadrer votre estampe japonaise 

Comme tout ouvrage en papier, et notamment le papier ancien, quelques petites précautions vous permettront de mieux conserver vos estampes. Ces conseils sont valables également pour toute oeuvre sur papier.

L'ennemi n° 1 de l'estampe japonaise (ou de tout dessin ancien) est le soleil et la lumière. Lorsque vous choisissez d'exposer vos estampes encadrées, vérifiez qu'il n'y ai jamais de rayons de soleil qui viennent frapper directement celle-ci, ni de lumière artificielle. Accrochez la plutôt à contre-jour.

L'autre ennemi de la conservation des estampes est l'acidité des supports. Lorsque vous donnez votre estampe à encadrer, demandez bien à votre encadreur que support et passe-partout soient sans acide. Si vous désirez les conserver à plat, il existe de très bons porte-folio spécialement conçus pour l'archivage sans acide. Vous pouvez y glisser vos estampes sans souci de conservation.

A titre indicatif, toutes nos estampes sont envoyées dans un sac plastique de protection qui est sans acide et dans lequel vous pouvez laisser sans problème, aussi longtemps que vous le voudrez, votre estampe japonaise.

Comme tout papier, l'estampe japonaise n'aime pas l'humidité.

Donc des règles très simples de bonne conservation :

pas de soleil ou d'éclairage direct, pas de support acide, pas d'humidité


2. Définition d'une estampe japonaise originale

Définition de l'estampe japonaise  

Une autre question revient souvent : "qu'est-ce qu'une estampe originale" ?

Tout d'abord, une estampe japonaise n'est pas le fait d'un seul artiste. Il s'agit d'un processus complexe faisant intervenir plusieurs personnes : l'artiste (celui que l'on connaît comme Hiroshige, Hokusai,...), l'éditeur, le ou les graveurs et enfin le ou les imprimeurs.

Pour bien comprendre ce qu'est une estampe originale, il faut connaître les différents stades de sa fabrication (voir article : fabrication d'une estampe).

Chaque estampe imprimée à partir des plaques de bois gravées originales est un original. Le dessin préparatoire d'origine (shita-e ou "image du dessous"), réalisé par l'artiste lui-même est en général totalement détruit lors du processus de gravure des traits de contours.

Toute regravure ultérieure sans la supervision de l'artiste ne sera plus considérée comme un original, quelle que soit la qualité du travail. Toutefois, le succès de certaines estampes (telles que les séries du Tokaidô par Hiroshige) ont pu entraîner plusieurs regravures, voulues par l'artiste, avec quelquefois des variantes.

Le premier tirage de l'estampe s'arrête lorsque l'usure du bois commence à donner des traits moins nets et des repères de couleurs moins exacts, donnant à l'estampe un léger flou et des décalages de couleurs,un peu comme un enfant qui colorie et déborde des contours du dessin. L'édition originale est alors terminée, cela représentant environ deux cents à trois cents estampes. 

Toutefois, compte tenu de la résistance du bois utilisé, certaines estampes originales ont pu être éditées en beaucoup plus grand nombre, et ce dans des conditions acceptables de qualité.

Les estampes n'étant pas numérotées, il est impossible de connaître exactement le nombre de tirages réalisés.


3. Fabrication d'une estampe japonaise - le papier

Quel type de papier est utilisé pour la fabrication des estampes japonaises ?

Le papier utilisé est à base de bois de murier (le coeur de l'arbre), étrillée, préparée en pâte et mélangée à de la colle végétale. Ainsi traité, ce papier a toutes les caractéristiques de souplesse et de résistance, permettant la bonne pénétration de l'encre, et de compacité, pour que les couleurs ne se mélangent pas. 

Le toucher du papier permet souvent de déterminer le caractère original d'une estampe japonaise, selon les époques.

En effet, s'il est de même nature, le papier change de composition, voir d'épaisseur, selon les époques et les artistes.


4. Fabrication d'une estampe japonaise - Technique

Une question que l'on me pose fréquemment : "mais comment fabrique-t-on une estampe ?"

Les estampes japonaises Ukiyo-e et shin hanga  sont obtenues par impression xylographique. A chaque couleur correspond un bloc de bois gravé.

Au départ, l'artiste réalise un "dessin-maître" à l'encre, appelé le shita-e (dessin du dessous).

L'original, dessiné en traits gras sur un papier suffisamment transparent, est retourné et collé sur une planche en bois, le plus souvent du merisier, issu d'un tronc relativement gros, qui a été parfaitement séché et soigneusement poli dans le sens du fil du bois.

C'est là qu'intervient la gravure proprement dite.

Le graveur taille en creux à l'aide de gouges (marumomi) les parties destinées à rester en blanc, épargnant les surfaces et les traits qui recevront l'encre. Il crée ainsi le dessin en relief sur la planche, mais détruit l'oeuvre original au cours de ce processus. Cette planche ainsi gravée s'appelle la planche de trait. Elle est ensuite encrée et imprimée de manière à produire des copies quasiment parfaites du dessin original. 

Ainsi, l'artiste prépare autant de feuilles de papier spécial qu'il y a de couleurs (et par conséquent de blocs de bois à graver). Ces épreuves sont à leur tour collées sur de nouvelles planches de bois, et les zones à colorer sont laissées en relief. L'estampe est ensuite imprimée par passages successifs sur ces différentes planches, appelées planches de couleurs.

L'ajustement parfait de chaque planche est obtenu par des marques de calages appelées kento. L'encrage se fait en frottant le papier contre la planche encrée à l'aide d'un tampon "baren" en corde de bambou. 

L'intensité laquée du noir ou les motifs qui y apparaissent, le caractère de certains bleus, de vert ou de jaune, nécessitent plusieurs passages.

La combinaison de ces diverses étapes du processus d'impression aboutit à la réalisation de l'estampe avec toutes ses couleurs. 

Il faut donc une sûreté de geste ainsi qu'un oeil exercé pour réaliser des estampes où les lignes sont nettes, que les couleurs se juxtaposent sans "bavures" et sans écart de blanc.


5. Fabrication d'une estampe japonaise en images

Fabrication d'une estampe japonaise

Voici deux petits films réalisés dans l'atelier de Watanabe Soichiro, au printemps 2016, permettant d'avoir un aperçu du travail minutieux d'un imprimeur d'estampes japonaises. (avec l'aimable autorisation de Watanabe san)